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Qu’est ce qui a bien pu pousser Imhotep à construire un complexe funéraire aussi grandiose et compliqué pour son Roi, Djéser.
Grandiose, c’est normal c’est pour le pharaon. Compliqué, comme la religion Egyptienne, qui n’est compliquée que vue par nos yeux modernes, pensant selon notre idéologie, basée elle-même sur une religion.
Tout d’abord, le pharaon doit avoir une tombe à la mesure de la divinité de sa fonction. A cette époque on construit en briques crues, matériau dégradable avec le temps et l’Egypte possède déjà une histoire assez longue pour connaître ce fait. Auparavant, on utilisait la pierre pour certaines parties des monuments, encadrement de porte par exemple, mais jamais encore on avait utilisé ce matériau à ce point. Imhotep sera un grand innovateur dés le début de la construction du complexe. Il sera divinisé plus tard par les Grecs.
Djéser avait terminé le complexe funéraire de Khâsékhémoui, son père ou beau père et dernier roi de la deuxième dynastie, à Abydos et Saqqarah, déjà grandiose mais en briques crues. Il était composé d’un temple, d’une tombe et d’une tombe factice.
C’est donc vers 2700, que fut construit le premier édifice en pierre et nous pouvons considérer que l’architecture est née avec lui.
Au départ, le roi devait être enterré dans un mastaba traditionnel, les traces en ont été retrouvées dans la pyramide et elles sont d’ailleurs visibles. Le mastaba était installé dans une enceinte l’entourant entièrement, le mur mesurant environ 10m de hauteur (on peut en voir une partie reconstituée à l’entrée du site) et était percé de 15 portes dont une seule était réelle. Avec cette hauteur, on ne pouvait plus apercevoir le mastaba du roi depuis l’extérieur. On ne peut pas savoir si le mur a été construit avant la pyramide ou le contraire.
Le complexe est construit comme la cité de Memphis, les 15 portes en témoignent. Sur le mur on peut remarquer les traces carrées sculptées dans la pierre représentant les poutres de bois la renforçant dans sa partie haute.
L'entrée
Remarquez les formes carrées sculptées dans la partie haute de l'entrée.
L’entrée principale donne sur un corridor à colonnades, les premières de l’histoire. Si elles sont encore timidement emmurées, elles étaient déjà construites pour soutenir un plafond de pierre. Et là, superbe supercherie architecturale, elles étaient peintes en rouge alors que le reste du couloir était peint en noir, comme pour mieux faire disparaître et leur donner symbolique ment leur fonction. Des traces de cette peinture ont été retrouvées.
Les colonnes sont sculptées en forme de gerbes de roseaux (matériau utilisé dans les habitations de l’époque pour former des poutres et des colonnes) ont dit qu’elles sont fasciculées ; c’est la forme qu’auront toutes les colonnes pour les millénaires à venir.
Une vue des colonnes fasciculées, remarquez le plafond sculté en forme de poutres de bois.
La pierre du plafond rappelle les poutres de bois dans la forme. Entre les murs à colonnes se tenaient des statues du roi, assis ou debout, accompagné de sa famille ou non. Pour nous cela représentait des statues du roi et de sa famille, mais pour les Egyptiens de l’époque, ces statues étaient vraiment le roi et sa famille.
Une niche où se trouvait une statue du roi.
Tel que se trouvait le portique d'entrée à sa redécouverte.
Passé la porte d’entrée du portique, on aperçoit la forme des gongs et de la porte, sculptée dans la pierre, comme pour la représenter ouverte pour l’éternité.
Il s’agit là encore d’un symbole représentant la cité de Memphis où le roi vivra son au-delà.
Deux vues de la porte symbolique.
Directement en face de la sortie du portique, on trouve le mur aux cobras et derrière lui, un ensemble de magasins sur la longueur opposée à l’entrée. A l’intérieur étaient entreposées les vivres et les vêtements dont le pharaon aurait besoin dans l’au-delà.
Entre les magasins et le portique se trouve une cour, où on trouve les vestiges de deux pylônes qui servaient pour la fête de l’Heb Sed, le roi prouvait sa capacité à gouverner au peuple en effectuant une course rituelle entre deux pylônes.
Ensuite, c’est la pyramide ; Elle est construite en petite pierres pouvant être portées par un homme seul. Elles sont posées inclinées à 16° vers l’intérieur, de sorte qu’elles peuvent se tenir seules sans l’aide d’un mortier.
Sur la partie gauche de la photo, on peut apercevoir le mastaba originel et à droite les premières pierres de la pyramide inclinées à 16°.
Comme je l’ai dit plus tôt, le mastaba devait être trop petit pour être vu de l’extérieur, l’idée d’Imhotep a été de le surélever par 3 gradins pour qu’il soit aperçu. A ce moment, le roi a du intervenir pour demander à Imhotep d’agrandir l’édifice. La base a été élargie et on a rajouté encore 2 étages supplémentaires à la pyramide. Elle en comporte 6.
Ils étaient revêtus d’un parement de calcaire blanc de Tourah dont il reste quelques vestiges aux pieds de la pyramide.
Au début du siècle dernier, les égyptologues pensaient que la pyramide de Djéser était un édifice isolé, comme à Gizeh. C’est l’invention de l’aviation qui apportera la preuve du contraire. Une forme rectangulaire autour de la pyramide rappelant une forme d’enceinte fermée est apparue sur une photo aérienne.
Des fouilles furent lancées et un énorme chantier découvert. Il fallait tout reconstruire. Un français pris les choses en mains, Jean Philippe Lauer, qui donna sa vie entière au site de Saqqarah, de 1925 à son décès en 2001. le musée Imhotep est son œuvre. Visitez le, il n’est pas très grand, mais particulièrement intéressant, le bureau de M. Lauer y a été reconstitué. Il utilisera la méthode de l’anastylose pour reconstruire ce qui pouvait l’être. Il s’agissait d’étudier les restes et reconstruire avec les matériaux utilisés à l’origine. Ca prend du temps et ce n’est pas étonnant que M. Lauer ai mis 76 ans à reconstruire le site et il reste encore du travail. Rendons lui hommage.