| Mars 2010 | ||||||||||
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Lorsque le Ka se sépare du Khet, c'est-à-dire lorsque l’esprit divine abandonne le corps, le soutien vital disparaît puis vient la mort. Si pour toutes les choses créées, la mort correspond à la destruction de l’individu, elle provoque aussi pour l’homme la libération de son Ba, l’âme, et détermine le début de la vie dans l’hypersensible, au-delà de l’empire terrestre.
Puisque dans la pensée Egyptienne il n’y avait pas de solution de continuité entre le royaume terrestre et celui du ciel, et que les actes des vivants avaient un contact direct avec celui des morts, les rites funéraires et le culte de défunts prenait la plus grande importance. Dans le rite funéraire, la première grande opération était la momification ( 1 )du cadavre, modèle voulu et habité par le Ka divin et pour cette raison souvent indispensable au défunt pour conserver sa connaissance de lui-même et de sa propre identité jusqu’à ce qu’il soit identifié avec le dieu Rê.(2 le prêtre lit les rituel) Voir l’article sur la momification.
A la suite de cette opération, la procession funéraire partait de la maison de la vie. En tête il y avait le baldaquin fleuri avec le précieux sarcophage, suivi par les parents et les pleureuses, des femmes et des fillettes qui « fondaient » en larmes en se jetant continuellement de la terre sur la tête. Puis le long cortège du mobilier funéraire : meubles, vêtements, bijoux du défunt ainsi que des ouchbétis, des figurines représentant des serviteurs qui continuaient leur devoir dans l’au-delà…(3)
Une fois arrivée au Nile, la procession reprenait sur le fleuve sacré, source et vie de l’Egypte, et avec lui commençait en imagination le voyage pour le Nile céleste. Une étape idéale était Abydos, le grand sanctuaire d’Osiris, où tout Egyptien rêvait d’avoir au moins sa sépulture symbolique, une stèle, à côté de la grande relique du dieu roi des vivants et des morts.(4)
Arrivé à sa propre nécropole, le cortège rejoignait le tombeau. Dans la chapelle ou dans la chambre des offrandes s’accomplissaient les rites de purification de la momie avec eau et encens (5,6 et 7). Puis commençait le rite essentiel de l’ouverture des yeux et de la bouche. En tête des parents et des pleureuses, un prêtre lisait les formules magiques du livre des morts. La momie se trouvait devant la stèle sacrée, qu’est sensée tenir Anubis, tandis que la fille et l’épouse pleuraient, inconsolables. Le Kher-Heb à la peau de léopard, c'est-à-dire l’héritier du défunt en tenue de prêtre, aspergeait la momie de parfum et l’encensait. Deux prêtres versaient des onguents et procédaient à l’ouverture des yeux et de la bouche réellement avec un scalpel et l’antique hachette sacrée en silex (7). Cette fonction magique avait un effet direct sur le plan astral, de sorte que le mort pouvait en effet voir et parler dans l’au-delà. Ils étaient en fait, deux actes fondamentaux de la création : la naissance des créatures humaines et divines par les yeux et la bouche de Rê.
Avec cette cérémonie, prenait fin la préparation du défunt pour le grand voyage. Le sarcophage avec tout son mobilier était descendu dans la chambre souterraine, tout était scellé et le puit était obturé jusqu’au sommet et muré (8, 9, 10 et 11) . Puis commençait l’autre phase très importante pour le rapport entre vivants et défunts : le culte des morts.
Le culte est fondé surtout sur les prières et sur les offrandes qui constituent l’aliment spirituel en faveur non seulement du défunt, mais aussi des figurants. Les prières sont le rapport entre le Ka vivant le Ka mort, de même que les supplications et les manifestations d’affection et de regrets sont celles du Ba vivant et du Ba défunt.
Prières et supplications assurent l’appui du Ka de la famille, donc l’intégrité du Ka du vavant et l’acheminement vers la fusion de l’âme du mort avec son propre esprit.
Les offrandes ont le même pouvoir en ce qu’elles alimentent aussi bien le propre Ka des inivités au banquet funèbre que celui du voyageurs dans l’au-delà. Le lait de figues, le pain, la bière et le blé (symbole de la résurrection) alimentent le corps et l’âme ; tandis que l’eau, le nitrate et l’encens alimentent le corps spirituel. La communion entre vivants et défunt est d’autant plus complète lorsque l’on sent la présence du Ka de tous et, dans la rencontre alternent avec les prières et les versets magiques les demandes d’aide, de conseils, et aussi les lamentations et les remerciements, de sorte que le contact est continuel et que la famille reste unie à celui qui voyage dans la barque du Soleil.
Cette continuité avec la vie se manifeste pleinement dans les peintures rupestres qui sont parties intégrante de la « maison de la vie »du défunt. Il y a de nombreux tombeaux où le propriétaire, représenté sur les montant des portes, semble venir à notre rencontre pour nous servir de guide dans sa maison et nous présenter les siens et son épouse, nous raconter sa vie quotidienne, ses voyages, ses actes glorieux au service de Pharaon et ses œuvres paternelles envers ses amis, sa famille ou même le commun des mortels. On pense à Ptah Hotep et ses maximes. Comme dans un film magique, nous assistons au merveilleux spectacle d’une vie sereine qui se reflète continuellement dans la vie paradisiaque de l’au-delà.
Le livre des morts